JOURNAUX ACADÉMIQUES

ANNÉE SCOLAIRE 2019-2020

 

Directrice de publication : Marie-Caroline GUERIN – N°CP : 1213S. 05844-ISSN : 1762-2808

PAO : Ghislain GILOTImprimerie : Office dépôt : 1 euro

Philippe DINEE – Ghislain GILOT

REVUE N°57 novembre-décembre 2019

REFORME DES RETRAITES !

Historique

Notre système de retraites par répartition est issu du Conseil National de la Résistance. Il a été conçu alors même que le pays était en ruines, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Il est fondé sur le principe de mutualisation des ressources et de répartition des revenus de façon solidaire. Il assure ainsi à chaque travailleur, la possibilité de remplacer ses revenus d’activité par des retraites. C’est un salaire différé !

On vit plus longtemps il faut travailler plus longtemps

L’âge moyen a progressé mais il faut reconnaître que de nombreuses inégalités existent. Ainsi un cadre a une espérance de vie supérieure de 13 ans à un ouvrier. Cet argument de la durée de vie fait long feu car c’est sans compter sur la productivité. En 1950, 50 % de la population travaillaient dans le secteur agricole et nourrissaient 41 millions de français. Actuellement les agriculteurs représentent à peine 3 % des actifs et nourrissent 62 millions de personnes. En suivant ce raisonnement simpliste, nous devrions connaître la famine. Or il n’en est rien car la productivité a permis de compenser la baisse du nombre d’actifs dans les campagnes. Il en est de même pour les retraites. La productivité doit être mise au service des travailleurs et non servir à générer des bénéfices toujours plus importants.

Les caisses sont vides.

Le rapport du COR (Conseil d’Orientation des Retraites) montre qu’une augmentation de 0.2 points par an des salaires permettrai, par les cotisations associées, non d’équilibrer les caisses qui le sont déjà mais de pérenniser les caisses. Les suppressions des différentes exonérations de charges patronales amélioreraient, elles aussi, le système. Rappelons que le CICE coute 20 milliards/an à l’état pour maintenir 125000 emplois ce qui représente un coût de 160000 €/an et par emploi. Sans compter sur la réforme de l’ISF… L’état a donc les moyens de financer les retraites.

Chaque Euros générera les mêmes droits pour tous.

Forme ultime d’inégalité, car cette réforme fait disparaître la notion de pénibilité, déjà fortement attaquée dans les années passées. Ainsi un couvreur ou un maçon qui passent leurs temps de travail aux intempéries, percevront les mêmes droits qu’un informaticien ou qu’une secrétaire travaillant dans des locaux chauffés et climatisés.

La réforme va être plus égalitaire.

Seuls les plus favorisés pourront payer une retraite privée. Car c’est là que se situe le nœud du problème. Cette réforme supprime la solidarité générationnelle et interprofessionnelle. Elle impose le système américain du « chacun pour soi ». Les plus rémunérés pouvant s’offrir des assurances retraites privées, contrairement aux plus pauvres. Mais cela va encore plus loin, car les entreprises vont pouvoir proposer aux salariés de financer partiellement ou totalement ces assurances privées mettant ainsi sous leur dictat les salariés. Nous revenons à ce qui existait dans les entreprises au XIXe siècle !

POUR CES QUELQUES RAISONS ET POUR BIEN D’AUTRES.

TOUS EN GREVE RECONDUCTIBLE LE 5 DECEMBRE

 

5 décembre 2019 TOUS EN GREVE

La FSU revendique l’organisation d’un système de retraite par répartition, pérenne, solidaire et intergénérationnel avec la garantie de son financement.

La FSU défend :

  • Le maintien du calcul sur les meilleurs traitements.

  • L’intégration dans la durée cotisée des années d’étude, des périodes de formation, d’apprentissage, de stage, de services civiques, de chômage et de services à l’étranger.

  • La prise en compte de la pénibilité, la mise en œuvre des dispositifs de fin de carrière (rétablissement de la CPA et extension à tous les personnels contractuels), le droit effectif à une mobilité professionnelle, des possibilités d’allègement des emplois du temps et de diversification des tâches.

  • L’amélioration des droits familiaux.

  • Des droits nouveaux : prise en charge des cotisations pour les aidants, réversion pour les couples pacsés…

Il faut en finir avec les inégalités entre les femmes et les hommes (salaire en moyenne inférieur de 24 % pour les femmes).

Cela implique une politique salariale et des déroulements de carrière prenant en compte les difficultés rencontrées par les femmes (carrières ralenties, emplois moins rémunérés, plus précaires, temps partiel, périodes de chômage, et partie « inexpliquées »…), leur prise en compte dans le calcul de la retraite et l’effectivité de droits comme les droits sociaux.

La FSU rappelle son opposition au projet de réforme des retraites par points et s’adresse au gouvernement pour exiger de réelles négociations, l’amélioration des salaires et du niveau des pensions pour toutes et tous les agents.